jeudi 31 mai 2012

Pucon et la région de l'Araucania 2ème partie

Dimanche 20 mai :

Réveil à 8h du mat par les oiseaux qui piaillent dehors. La nuit a été fraiche, d'ailleurs Agathe a décidé d'acheter un pyjama, c'est pas une raison pour me faire chier de bon matin :
Dur, dur le réveil.


En tout cas, nous avons bien rechargé les batteries, ça tombe bien nous allons avoir besoin de beaucoup d'énergie aujourd'hui.
La bonne surprise est de découvrir un ciel vierge de tout nuage en cette matinée automnale, tu connais tes classiques : Après la pluie, le beau temps.
Agathe nous prépare un énorme petit déjeuner, et nous filons au terminal de bus pour checker les horaires pour le Sanctuaire El Cañi. En effet le temps est propice aux longues randonnées et el Santuario El Cañi possède 3 marcheurs au guide du Routard, autant te dire que c'est pas de la merde.
En sortant de l'auberge voici la vue qu'il nous ait donné de voir :

Le Volcan Villarica
Hier il y avait tellement de nuages et de brouillard que nous ne soupçonnions même pas la présence du Volcan Villarica qui est pourtant tout proche.
Donc voilà, ça nous met du baume au cœur de bon matin, de voir ces neiges éternelles, ce blanc manteau... putain ça me rappelle ce bon vieux Pascal Danel !
Il est temps de faire une petite dédicace à Pinou :



Heure du décollage : 10h30. C'est marrant puisqu'on est dans le même mini-bus qu'hier. Petite anecdote burlesque : aujourd'hui il nous fait un petit caprice : batterie à plat. Un petit groupe d'homme fort (dont je ne fais pas partie) est alors chargé de pousser le bus pour l'aider à démarrer, et ça marche, ou ça roule plutôt.

Nous arrivons à El Cañi, 20 minutes plus tard.
Le guide nous explique grosso-modo (à ne pas confondre avec : grosse sodome...) ce qui nous attend :
3h30 de montée pour atteindre le point culminant : El Mirador, et 2h30 de descente.

Il est content !


11h15 : début de l’ascension, pas celle de Jésus, c'était la semaine dernière. Je stoppe là les messages à caractère religieux, cela pourrait en froisser quelques uns dont je tairai le nom, n'est ce pas Clément?
Le chemin est assez tortueux et pentu, dès les premiers lacets nous sentons (de Provence) que ça ne va pas être une partie de plaisir.
Malgré tout, les paysages sont jolis, la forêt, le soleil, le sentier... ça sent bon la campagne.

Vue vers le sommet
Le sentier
En plus parfois la forêt laisse place à des prés, où broutent des chèvres et des vaches, ce qui nous offre nos premiers points de vue intéressants sur le volcan Villarica, le lac Villarica et le lac Caburgua.

Les chèvres
Une vache


Lac Villarica

Lac Villarica après un savant zoom

Volcan Villarica

Lac Caburgua

Lac Caburgua après un zoom toujours aussi savant

En observant le sommet on perçoit une fine couche de neige à la cime des arbres, nous n'osons pas trop y croire tant la météo semble clémente et saisonnière en bas, dans la vallée (oh oh de Dana...).
Comment ça tu ne vois pas le rapport ?
Je dis ce que je veux encore, c'est moi qui tient la plume !

La neige au sommet
12h35 : Arrivée au refuge. Cela fait un petit moment que nous grimpons maintenant, nous avons pris notre rythme de croisière (celui d'Agathe), mais une petite pause ne nous ferait pas de mal. Dorénavant nous faisons la montée avec un Chilien rencontré sur la route et qui est fort sympathique : José Antonio.
Le refuge est cool , ça me rappelle les bronzés font du ski.

Le refuge






Nous sommes quand même vite reparti, il ne faut pas chômer si nous voulons être au sommet au meilleur moment de la journée.
Les prémices de la neige se font sentir. A partir de maintenant, l’ascension est plus cool, le chemin est plus "discret" et moins pentu. En fait il n'y a quasiment plus de chemin, en tout cas si s'en est un, il n'est pas large, nous avons juste à suivre les traces de pas dans la neige.
Nous nous retrouvons vite dans un cadre assez invraisemblable : une sorte de forêt tropical, composée de bambous au ras du sol (à 2,3 mètres de hauteur quand même) et d'arbres gigantesques dans la partie haute.
Les cimes enneigées de ces arbres sont en train de fondre créant l'illusion d'une pluie fine, malgré le ciel bleu.
Les rayons du soleil percent à travers la forêt, tous ces ingrédients rendent notre marche très agréable et nous permettent de faire de belles photos.
Chemin escarpé

Photo souvenir

Nous ne sommes plus loin du sommet

Voilà ce qu'il reste du chemin...


Le soleil tape, mais il pleut, et il y a de la neige...

La forêt, dense; avec des loups.

Sans commentaire

13h15 : Nous arrivons au 1er lac : Laguna las Totoras. C'est superbe, le lac est gelé, enfin je vous laisse juger par vous mêmes sur les photos.
En tout cas l'endroit est idéal pour pique-niquer.


Laguna Las Totoras


José Antonio doit nous quitter, non sans nous laisser ses coordonnées, quant à nous, nous continuons notre route pour El Mirador après une pause d'une demi heure.
Maintenant la neige est omniprésente et la forêt est composée d'Araucarias, arbre qui donne son nom à la région. Quelques lacs enneigés sillonnent notre parcours. Nous trouvons également une petite cabane stylée où il doit être plaisant de camper en été.


Agathe sous les Araucarias


La cabane



Laguna Negra
La montée finale vers El Mirador, n'est pas sans rappeler les fameux 21 lacets de l'Alpes d'Huez. Malheureusement, je suis dans le Gruppetto, où j'aide mon leader victime d'une fringale. La chaussée est glissante et j'ai omis de monter mes pneus neige. Cela dit, tel Pierre Rolland, je tente une échappée près de l'arrivée, qui va porter ses fruits.
Arrivée à El Mirador, col Hors Catégorie, à 14h45, je revêts le maillot à pois.
Point presse : Que dire ?
Les mots me manquent (le souffle aussi), c'est ouf, oufissime même, ça valait vraiment la peine qu'on vient ici, comme on dit dans la belle langue de Franck Ribéry.
Non, franchement c'est somptueux, nous restons cois devant ces paysages idylliques (ouais moi non plus je ne comprends pas ce mot). Je vous laisse vous délecter devant les photos et vidéos qui parlent d'elles-mêmes.



Agathe qui dessine
Voilà le résultat



J'ai fait l'escalade par la face nord... ce qui me rend heureux !


Je
Nous restons là haut une petite demi-heure, Agathe s'adonne à une de ses passions : le dessin, elle est très douée. En attendant moi je fais le con, pour changer...
Les bus de retour sont rares, il y en a à 14h50 (loupé), 16h50 et 18h50.
La flemme d'attendre le dernier, nous imaginons qu'il est possible de prendre celui de 16h50 et donc de dévaler la montagne en une heure de moins que ce que le guide nous a annoncé. Nous sommes optimistes.

15h15 : début de la descente, il va y avoir du sport.
Pierre Rolland a fait place à Jean-Baptiste Grange, accompagné de Tessa Worley !
La descente en courant dans la neige est énorme mais périlleuse, on s'éclate bien, dans tous les sens du terme, je chois à diverses reprises, voire même plusieurs fois. N'empêche que nous bombardons bien, nous arrivons au refuge à 16h.
A partir de là, la descente se fait sur le chemin de terre, les genoux souffrent. En plus ça dure longtemps, tellement longtemps que nous nous demandons comment nous avons fait pour monter tout ça à l'aller !
Nous commençons à être lasser de tous ses lacets, si j'ose dire... allez j'ose !
Finalement nous arrivons en bas à 16h48, le temps de traverser la route que le mini-bus arrive. OUF !!
il était moins une !

En revenant nous allons admirer le coucher de soleil sur le Lac Villarica, tu admettras volontiers que la vue n'est pas la même qu'hier et tu auras raison.
Le soir nous nous octroyons un petit extra en allant dîner à École, restaurant vivement recommandé par le Lonely Planet.
Coucher de soleil sur le Lac Villarica

Apéro

Entrée

Lasagne
 
Voilà, notre aventure à Pucon s'arrête là.
Je ne vous cache pas que cette journée aura été la plus belle de notre voyage !
Si vous voulez aller au Chili, n'hésitez pas une seconde à vous rendre à Pucon, il y a plein d'autres trucs à faire en plus (ascension du Volcan Villarica, visite de los Ojos de Caburgua...) mais en deux jours c'est pas possible.
Cordialement,
Moi

mardi 29 mai 2012

Pucon et la région de l'Araucania 1ère partie


Première étape de notre voyage : Pucon et la région de l'Araucania, je vous mets une petite carte pour vous faire une idée :


C'est une région volcanique, qui nous offre beaucoup de choix d'excursions : termes, lacs, volcans...
Comme j'ai tenu chaque jour mon carnet de voyage je vais détailler ici tout ce qu'on a fait,combien de temps il nous a fallu et encore combien cela nous a coûté.
Si par Eden Hazard, vous décidez de visiter la région cela vous donnera une première approximation.

Samedi 19 mai :

Arrivée à Pucon à 9h, après être parti la veille de Santiago à 23h00. Le voyage en bus s'est plutôt bien déroulé, même si j'aurais pu mieux dormir.
Pucon, nous voilà

A notre arrivée le temps est exécrable, le terminal de bus est assez éloigné du centre, Agathe tiens absolument à me montrer que le fameux sens de l'orientation des femmes n'est pas une légende, mission accomplie : nous sommes perdus.
Finalement nous arrivons à nous repérer, les trombes d'eau ne facilitant pas nos déplacements, nous décidons de squatter un bistrot afin de nous réchauffer et de prendre un petit déjeuner.
Nous optons pour le "Café de la P", restaurant cher à Stéphane Eicher qui y prend régulièrement ses déjeuners...
Tu me dis que tu comprends pas ?
Alors je te sors une bande son pour continuer ta lecture en musique :


Dans ce bar, nous rencontrons un serveur franco-chilien ou chileno-français, c'est comme on veut, ça commence bien : on peut pas partir en vacances tranquille sans rencontrer des compatriotes...
Nous nous dirigeons ensuite vers l'auberge que nous avions réservé : Hospedaje Lucia qui porte le nom son hôte (Lucia, pas Hospedaje ! Gros benêt) une petite femme fort accueillante et chaleureuse.


Nous faisons connaissance avec les lieux. C'est une petite maison très sympa avec une pièce à vivre munie d'un poêle, ce qui va nous être très utile, nous sommes trempés, surtout Agathe.
Calme tes ardeurs cher lecteur, ce n'est pas dû à l'excitation, mais bien à la pluie.

Je te plante le décor : dehors, il pleut comme une vache qui pisse le lendemain de l'Oktoberfest, ou pour employer une expression chère à mon pote Dozz : ça drache sévère.

Pas facile de prévoir un truc cool avec un temps pareil, mais nous choisissons les thermes de Los Pozones.
Le bus ne partant qu'à 15h40, nous avons une heure à tuer, comme la pluie s'est calmée, nous nous baladons sur les bords du lac Villarica. La plage de sable noire est très belle, et peu banale pour être soulignée, cela est certainement dû aux roches volcaniques abondant la région.
Bord du lac Villarica, avec sa page de sable noir

Au loin des nuages

On s'amuse comme on peut, hein !

Toujours les nuages au loin

Quelles têtes de pioche (surtout moi je le reconnais)


Après cette petite balade, retour au terminal.
Le mini-bus du Doc
15h40 : Notre carrosse est avancé, enfin, je vais nuancer mes propos, le-dit carrosse est en fait un minibus tout droit sorti des années 70 et qui a la particularité de te faire ressentir les reliefs de la route, plus qu'il n'en existe, tâche ardue s'il en est tellement les routes sont vallonnées.
En plus le chauffeur s'est cru dans NFS (Need For Speed pour les puristes, oui Jules je sais que tu savais...) le voyage dure 30 minutes, nous empruntons des routes montagneuses escarpées nous offrant une vue saisissante sur les reliefs verdoyants de la région qui me rappelle mon weekend à Saint Pierre de Chartreuse chez mon copain Antoine. A notre arrivée la pluie s'est remise à tomber.

Je ne sais pas trop dans quelle aventure nous nous sommes embarqués : il caille sa mère, il pleut, les bassins sont en extérieur...
En revanche le cadre est ouf : une rivière coule entre deux montagnes, les thermes jouxtent cette dernière c'est somptueux.
Arrivée aux thermes de Los Pozones



Les thermes de Los Pozones

La rivière je ne sais plus son nom

Toujours la rivière

Bien sûr on a oublié nos maillots de bain à Santiago, heureusement Lucia m'en a prêté un. Pour Agathe c'est une autre histoire, elle en a loué un à l'accueil, qui est très sexy (cf photo)...
Nous les enfilons rapidement, il faut avoir du courage, et nous piquons une tête dans le premier bassin (à ne pas confondre avec bas sein, tombant après la ménopause, et dans lequel nous n'avons pas piqué une tête malgré les spécimens présent à Los Pozones). En tout cas, tous nos doutes sont dissipés à notre entrée dans l'eau, c'est que du bonheur. L'eau est à 36° C, j'ai l'impression d'être dans une baignoire qui ferait la taille de ma maison.
Désolé Agathe...

Petit bassin à 36°C

Lui

Avec la cabane donnant directement dans le bassin thermal.

Nous y restons jusqu'à la tombée de la nuit, qui aujourd'hui coïncide avec le coucher du soleil, passant de bassin en bassin, dont le plus chaud est à 41°C, ce qui est limite trop, t'as l'impression d'être dans un sauna, ce qui me rappelle mon séjour chez Calipso avec mon copain Antoine (décidément...)
La pluie a cessé, même si c'est éphémère. En tout cas, nous profitons bien des thermes, d'ailleurs ce sont les seules de la région, qui n'ont pas besoin d'un supplément de chauffage, tout est naturel ici !
Malheureusement la qualité des photos n'est pas optimale à cause de la buée qui se dégage et de l'obscurité.

Nous rentrons 3 heures plus tard, éreintés mais satisfaits, Agathe dort tout le voyage, moi, j'admire la conduite du chauffeur qui me donne l'impression que ma vie se joue à chaque virage.
Nous enchainons par un petit repas au coin du poêle, à l'ancienne, en écoutant la radio, où Colo-Colo joue sa qualification pour les playoffs. Lucia est une fan inconditionnelle et jubile à chaque but, c'est très drôle. D'ailleurs quand je lui demande ce qu'elle pense de la Universidad de Chile (équipe rivale de Colo-Colo je rappelle, cf mon laïus sur le foot chilien) elle fait la moue et affirme que c'est l'équipe des mamans de Santiago. Elle m'apprends également que "les anglais" ont battus "les allemands" en finale de ligue des champions aux pénos, bien joué Didier !
Il est maintenant l'heure d'aller se coucher.

Bilan comptable pour une personne :
- Bus pour les thermes A/R : 4€
- Entrée aux thermes : 6€
- Hospedaje Lucia (une nuit) : 11€